Biographie

Enfant, Yuri est bercé par la musique européenne (chants grégoriens, chanson française et musique classique qu’écoute son père) et par les percussions, le marimba, les chants africains qui résonnent sur les plages de son île natale, Buenaventura.
Son œuvre, marquée par cette polarité entre le lyrisme de l’Europe et les tambours de l’Afrique, l’est aussi par l’esprit noir qui l‘entoure. En effet, ses parents ont abrité leur union sur la terre de refuge des noirs-marrons. Cela explique pourquoi il se sent si profondément noir.
De la musique noire, Yuri perçoit une détresse, mais une détresse sublimée, exprimée avec beaucoup d’amour et de respect pour l’humanité. Il n’aura de cesse d’inviter ses contemporains à entendre cet amour, transmettant ainsi la force de l’héritage africain.
La salsa de l’artiste est nourrie par ses découvertes et ses rencontres musicales : Paco de Lucia, James Brown, Louis Armstrong, Sammy Davis Jr, Nina Simone, Bob Marley… Avec eux, il comprend que ses propres valeurs vibrent au-delà de sa terre. Il se sent dès lors relié à des milliers d’êtres et de sonorités, aux Africains comme aux noirs d’Amérique, à la musique espagnole, slave comme maghrébine. Il en tire une liberté créatrice qui le pousse à explorer l’universalité des instruments. Plus encore, il part à travers sa musique au devant de l’Autre en s’adressant à l’humanité qui bat en chacun.
En 1995, alors percussionniste dans le métro parisien, il saisit le micro tendu par ses musiciens et est propulsé dans une aventure musicale qu’il n’avait pas imaginée. Revendiquant ses racines, il choisit Buenaventura pour nom de scène. Pour remercier la France des opportunités qu’elle lui a offertes, il écrit Herencia Africana. La reprise de Ne me quitte pas hisse au sommet des charts ce premier album hommage à l’africanité de son île. Malgré le succès, Yuri Buenaventura refuse de se contenter des standards francophones. Yo Soy, son deuxième album, s’annonce comme un défi. L’auteur-compositeur y aborde l’incroyable biodiversité de sa région natale, une richesse naturelle et culturelle qui coule dans ses veines. Aux côtés des musiciens les plus réputés de Puerto Rico il enregistre un disque à l’énergie explosive. En quatorze chansons, il saisit l’essence de la salsa. La musique de Yuri Buenaventura parcourt la planète, l’embarquant de continent en continent, de pays en pays, de ville en ville. Ses innombrables voyages l’ouvrent au monde. Ainsi Vagabundo rassemble, dans des sons proches de la World Music, la diversité humaine qu’il a observée au cours de ses tournées internationales. Mais cette multitude de concerts l’éloigne également des siens, de son île et des origines mêmes de sa musique. Il retourne donc à la source dans Salsa dura. Il se replie sur son orchestre, cherchant auprès de ses douze musiciens la force qui lui permettra d’échapper aux affres de l’industrie musicale. De là découle Cita con la luz, son rendez-vous avec la lumière. Dans ce manifeste spirituel, Yuri Buenaventura donne pour la première fois de la voix à son intériorité et à son individualité.
Après quinze ans de carrière, le chanteur rentre se ressourcer auprès des siens en Colombie. Là, il se consacre au rayonnement de la culture de son pays et s’implique dans des actions sociales à destination des enfants en créant une fondation.
Après vingt ans de carrière, l’honnêteté de l’artiste est intacte et sa musique toujours aussi fortement inspirée par la mouvance afro-caribéenne. En 2015, 
Yuri Buenaventura sublime son retour au disque avec Paroles, un hommage à la France son pays d’adoption. Il y adapte avec son orchestre salsa les plus belles chansons du patrimoine français (Aznavour, Brassens, Ferré, Brel, Nougaro, Moustaki, …). C’est dans la pure tradition de la musique latino-américaine qu’il a souhaité confié les arrangements et la réalisation de son 6ème album studio (enregistré à Cali en Colombie et mixé en France) à un des maîtres du genre, José Aguirre. Yuri a également invité ZAZ pour un duo explosif sur Je me suis fait tout petit de Georges Brassens. Paroles est un recueil de chansons, réunissant différentes époques et pensées, que Yuri Buenaventura a voulu associer à la musique et rythmes qui lui sont chers : la Salsa, le Mambo, le Cha-cha-cha… Les chansons de cet album ne sont pas des reprises, ce sont des adaptations faisant un pont entre les deux cultures, françaises et latines, légitimé par l’expérience de Yuri Buenaventura sommité de la musique salsa et amoureux de la France. Cette mixité culturelle, que Yuri Buenaventura met en avant et défend encore une fois dans cet album, lui est précieuse.

5 disques d'or pour 5 albums2010 - © Maria Dalmazzo / Karim EstefanMédaille de Chevalier des Arts et des Lettres

Datés clés :

19 mai 1967 : Naissance à Buenaventura, Colombie.
1988 : Arrivée à Paris. Voyages en France et en Europe.
1991 – 1993 : Etudes des sciences économiques à l’université de Paris à Nanterre. Début des concerts dans le métro parisien. Rencontre avec des formations musicales latinos. Cours de chant avec Rafael Ruiz et cours de percussions avec Sergio Barreto.
1995 : Premier album Herencia Africana enregistré au studio Paranova à Cali, en Colombie et produit par l’artiste. Deuxième version de l’album sous le label Mercury / Universal Music trois ans plus tard. Premier salsero distingué par un disque d’or hors de l’Amérique latine.
2000 : Sortie de Yo Soy enregistré à Puerto Rico au studio Tele Sound. Incursion dans le domaine de la musique de film avec deux compositions originales.
2003 : Sortie de Vagabundo enregistré entre Paris et Puerto Rico au studio Mas Audio.
2005 : Sortie de Salsa Dura enregistré au Feeling Studio à Cali.
2009 : Sortie de Cita Con La Luz enregistré à La Havane au studio Abdala.
2010 : Retour à Buenaventura. Implication dans des actions culturelles avec la direction et le financement du Festival folklorique du Pacifique de Buenaventura (Festival Folclórico del Pacífico) et sociales avec la création de la Fondation pour l’Enfance du Pacifique (Fundación para la Infancia del Pacífico-FIP) destinée à soutenir les enfants du quartier la Playita.
2012 : Ecriture et composition de 300 titres pour la série télé Pablo Escobar, le patron du mal, dont le générique La Ultima Bala a reçu le prix de la meilleure musique de série télévisée au Festival International de Cinéma de Carthagène et le prix Lo Nuestro de la télévision colombienne.
2013 : Cette année-là, ses cinq albums sont récompensés par cinq disques d’or.
2014 : Création de sa propre maison de production, YBProductions. Décoré de la médaille de chevalier des arts et des lettres. Un documentaire télévisé, Buenaventura, de deux épisodes de 52 minutes, produit par Caracol Televisión, retrace la vie de Yuri Buenaventura. Une adaptation cinématographique, écrite par Adriana Arango, est actuellement en cours.
2015 : Sortie de Paroles enregistré à Cali en Colombie et mixé en France.